Sans lendemain…

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Les sables bitumineux du Canada : Pour quelques barils de plus…

L’histoire d’un désastre écologique à grande vitesse. Malgré un faible EROI rendant l’exploitation de ces gisements peu rentables extremement polluante, c’est devenu pour les pétroliers un mal nécessaire pour compenser la baisse de la production des gisements « conventionnels » à travers le monde (déplétion) et maintenir tant bien que mal l’économie à flots.

Une ruée folle vers l’or noir s’accélérant un peu plus chaque jour, pour quelques barils de plus… (France 2)

La transition énérgétique se fera t-elle au prix du charbon ?

Hier au pétrole, demain au charbon ?

Notre besoin croissant en énergie qui accompagne notre croissance économique, couplée à la raréfaction du pétrole, et à la perte de confiance dans l’énergie nucléaire (L’uranium étant également une ressource non-renouvelable), pousse de plus en plus de pays à renouer avec le charbon (Chine, USA, Allemagne, France etc…).

En effet, depuis plusieurs années, on assiste à la réouverture des mines et des centrales électriques du siècle passé. Avec l’aide du pétrole, l’extraction intensive de la houille devient d’autant plus simple et rentable économiquement, mais à quel prix pour nos poumons? Explications.

Excavatrice moderne à charbon (ciel ouvert)

Excavatrice moderne à charbon (ciel ouvert)

La question est ici de savoir si la société industrielle va régresser dans les années qui viennent au point de devoir repasser à l’énergie du XVIIIeme siècle mais avec la consommation du XXIeme… Une problématique qui fait suite au constat suivant : « Rien, absolument rien, ne peut aujourd’hui remplacer le pétrole ».

Rappelons d’abord quelques chiffres développés dans les différents chapitres de ce Blog.

A l’heure d’aujourd’hui :

  • 99,8 % du transport mondial fonctionne au pétrole. Il est actuellement irremplaçable dans ce domaine, gaz naturel à part (l’électrique n’étant pas une solution de remplacement à court terme et à grande échelle). Le transport consomme 60% de la production mondiale de pétrole ;
  • 70% de électricité mondiale est produite à partir d’énergies fossiles (Charbon/Gaz/pétrole). La production d’électricité consomme 10% de la production mondiale de pétrole ;
  • 99 % de l’industrie mondiale (tous secteurs confondus) consomme du pétrole de manière directe (matière première, électricité, chauffage…) ou indirecte (produits dérivés, plastiques, engrais, chimie, agroalimentaire, pesticides, matériaux etc..). L’industrie consomme 25% de la production mondiale de pétrole ;
  • Les 5% restants de la production mondiale de pétrole étant destinés à un usage domestique (chauffage) ;

De plus :

  • Le pétrole est associé à une main d’œuvre bon marché (Il est dit qu’un litre de pétrole correspond au travail de 150 hommes pendant 24h). Il a permis à la société industrielle d’accéder au confort et à la richesse, tout en n’ayant plus (et c’est discutable) à avoir recourt à l’esclavage pour cela.
  • Le charbon peut être liquéfié et transformé en pétrole mais au prix de rejets d’oxydes d’azote (NOx), de dioxyde de soufre (SO2) et de dioxyde de carbone (CO2) en abondance, ainsi que d’un bilan énergétique beaucoup plus faible.
  • La combustion directe du charbon rejette 2 à 3 fois plus d’équivalent CO2/kg que le pétrole (fonction de sa qualité) ;
  • Le charbon de qualité supérieure (« Bon » rendement énergétique, « Peu » de rejets) a déjà quasi-totalement été exploité au cours des siècles derniers. Il reste donc le charbon de qualité « moindre », beaucoup plus émetteur de CO2 et moins rentable énergétiquement…

Outre l’effet de serre et le réchauffement climatique engendré par ces rejets, c’est la qualité de l’air que l’on respire qui risque de rapidement se détériorer.

Involution de la teneur atmosphérique en CO2 (mesurée a Hawaï)

Évolution de la teneur atmosphérique en CO2 (mesurée a Hawaï)

Vous savez surement que la combustion d’une énergie fossile qui comprend X atomes de carbone (composé carboné qu’on notera pour simplifier CXH2X+2) peut s’écrire :

CXH2X+2   +   X O2  (Oxygène de l’air)  –>   X CO2 + (X+1) H2O   (+  X Energie)

Ou X et Energie dépendent du composé carboné (pétrole/gaz/charbon/bois…) et de sa qualité

BILAN : Notre appétence pour l’énergie nous pousse donc à transformer très rapidement l’oxygène de l’air (qui nous sert à respirer) en CO2 (toxique)… 

Le composé carboné est extrait de terre, brulé et rejeté dans l’atmosphère sous forme gazeuse (Rappel : Un solide ou un liquide devenant gazeux occupe un volume plus important à pression atmosphérique).

Conclusion : (logique) L’air que l’on respire se sature petit à petit en CO2, le rendant donc de moins en moins respirable. De plus, le CO2 est plus lourd que l’air : il descend donc et reste au sol (d’où les nuages de pollution en ville quand il n’y a pas de vent).

A court terme, ce phénomène est négligeable car le volume occupé par l’atmosphère est grand (dilution). Cependant, à moyen (hier) et long terme (demain), la quantité de CO2 émise (et qui augmente d’années en années avec la croissance mondiale) va poser des problèmes considérables pour notre santé générale et notre espérance de vie.

Remarque : Soyons un peu réalistes : L’électricité ne pourra pas faire avancer nos voitures (celles des Français, mais aussi des chinois et de tous les autres) à grande échelle et d’ici les 10 prochaines années. Et même si cela devenait technologiquement possible par un quelconque miracle, comment produire suffisamment d’électricité pour compenser sans voir pousser les centrales nucléaires un peu partout comme des champignons ?

A savoir : On a rejeté ces 30 dernières années autant de CO2 que les 70 années précédentes. A notre rythme actuel, couplé à la fin du pétrole, on rejettera la même quantité sur les 10 prochaines années… On note au passage que les objectifs du protocole de Kyoto n’ont été tenus par aucuns des signataires qui ont tous augmentés leurs émissions de manière significative, et ce, directement ou indirectement (On brule chez le voisin pour notre propre consommation…).

Centrale à charbon en allemagne

Centrale à charbon en Allemagne

Dans les années qui viennent, en utilisant le charbon de qualité moindre pour compenser la diminution de la production de pétrole, on va consommer l’oxygène de l’air de plus en plus vite tout en rejetant de plus en plus de CO2 dans l’atmosphère (à production d’énergie équivalente).

D’ici seulement 10 ans, l’air risque de devenir irrespirable, car nos poumons (et ceux de la plupart de mammifères constituant notre alimentation) n’auront pas le temps de s’adapter à de l’air plus pauvre en oxygène, sans parler des dérèglements climatiques associés…

"Smog" en pleine journée à Pékin (2013)

« Smog » en pleine journée à Pékin (2013)

Questions :

  • Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour conserver le confort offert par la civilisation industrielle ?
  • Notre façon de vivre est-elle appropriée à notre survie en tant qu’espèce humaine ?
  • Allons-nous persévérer sur cette voie jusqu’à notre extinction pure et simple, où allons-nous nous arrêter avant ? (et dans ce cas pourquoi ?)
  • L’homme sera-t-il donc capable de renouer spontanément avec ses origines, en étant moins matérialiste, en devenant plus proche de la nature et en adoptant un mode de vie plus simple? Personnellement, j’en doute fort.
  • Pouvons-nous et devons-nous considérer (vu de l’espace) que l’homme est un virus sur cette planète ?

(Un virus est une entité biologique nécessitant un hôte, dont il utilise les constituants pour se répliquer, conduisant fatalement à la mort de l’hôte, et par conséquence, de lui-même).

Demain c’est aujourd’hui.

Références :

http://www.wat.tv/video/transition-energetique-allemande-6gpex_2i0u7_.html

http://www.terraeco.net/Et-la-Chine-transforma-le-charbon,484.html

http://www.rfi.fr/emission/20120503-le-charbon-etats-unis-inonde-europe-prix-s-effondrent/

http://energie.sia-partners.com/20070223/le-charbon-rapide-etat-des-lieux-sur-la-deuxieme-source-denergie-mondiale/

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/03/18/selon-une-etude-la-nasa-prevoit-la-fin-de-la-civilisation/

Plan du chapitre : scénarios et conséquences

Vous connaissez maintenant le lien indissociable entre Pénurie et crise économique, ainsi que l’effet amplificateur de la finance sur la crise, conduisant a la crise financière. (voir le chapitre : Les crises)

On s’intéresse ici aux conséquences indirectes de la Pénurie de pétrole sur nos économies et aux scénarios qui peuvent en résulter.

I – Crises sur Crises :

Un scénario envisagé par bon nombre d’économistes est celui des crises a répétition. Explications et conséquences. Accédez à l’article en cliquant ici.

II – Effondrement économique :

Un scénario envisageable et envisagé en raison de l’augmentation exponentielle du poids des dettes souveraines liée au placements financiers (CRÉDITS). Accédez à l’article en cliquant ici.

III – Chômage et crise sociale :

Conséquence directe et immédiate d’une crise économique et proportionnelle a son ampleur. Accédez à l’article en cliquant ici.

IV – Les guerres de ressource :

Première façon d’endiguer une Pénurie : Prendre directement la ressource a celui qui la possède… Accédez à l’article en cliquant ici.

V – Grandes Guerres :

Le cas ou les guerres de ressources finissaient par conduire a la troisième guerre mondiale entre l’occident et les grandes puissances que sont la Russie et la Chine. Accédez à l’article en cliquant ici.

Les scénarios développés ici sont probables mais peuvent être évités. En prenant conscience des conséquences que pourrait avoir le pic pétrolier dans les années qui viennent,chacun peut se préparer et les anticiper. Pour vous aider, vous pouvez vous appuyer sur le chapitre : Quelles solutions ?

Il est du devoir de chaque citoyen de s’informer et de faire passer le message. En sensibilisant la population a ces enjeux il devient possible de contribuer a changer notre façon de vivre. Pour cela, il faut accepter dès maintenant qu’il va falloir erre en mesure de se passer de pétrole.

« Comme beaucoup, j’aurai aimé connaitre le pétrole jusqu’à ma mort, mais je sais aujourd’hui que ce ne sera pas le cas »  L’auteur.

Effondrement économique

Lorsque la production d’une ressource plafonne et ne permet plus d’endiguer une Pénurie, les prix augmentent entrainant une inflation. Les conséquences directes sont une baisse de la consommation et une hausse du chômage, c’est la crise économique.

Rationnement en 1939

Si la Pénurie ne disparait pas (la baisse de la consommation du pays est compensée par l’augmentation de la consommation dans d’autres), la crise économique persiste et on assiste alors a un phénomène de déflation (baisse des prix généralisée). Dans ces conditions, les agents économiques ont individuellement intérêt à :

  • attendre le plus possible avant d’acheter : la consommation chute encore plus.
  • garder leurs biens sous forme de monnaie plutôt que d’actifs productifs : l’investissement chute encore plus.

On a vu qu’une crise économique combinée a un système financier reposant sur des actifs (CRÉDITS), qui ne peuvent globalement plus être honorés dans un contexte de récession (crise économique), conduisait à la crise financière. (voir crise financière sur ce blog).

Si cette crise financière touche les CRÉDITS accordés au particuliers, alors ce sont ces derniers qui font faillite.

Si elle touche les CRÉDITS accordés a l’État (en cas de  défaut de paiement de la dette souveraine), alors c’est la faillite de l’État. Dans ce cas de figure, les créanciers (Banques) ne peuvent plus être honorés et font donc faillite a leur tour. Les clients des Banques en faillite font forcement faillite eux aussi. C’est l’effondrement économique par effet domino (On retire les fondations d’un château de carte et celui-ci s’écroule entièrement). Ce scénario est d’autant plus valable que le poids de la dette souveraine est important.

Concrètement, il s’agit d’un arrêt brutal de la machine économique pour le pays concerné et une baisse drastique de la valeur de sa monnaie. Cela a une répercussion sur l’économie de tous les pays ayant des intérêts commerciaux avec celui-ci.

Pénurie de pétrole aux USA, 1973

Pénurie de pétrole aux USA, 1973

Dans le cas d’une Pénurie de pétrole, à l’origine de ce blog, on est dans une situation ou la production décline alors que la demande augmente. Voici donc un scénario à envisager :

  • Si un pays comme les USA (qui consomme 25% de la production mondiale de pétrole) fait face quasiment seul (le plus touché) a cet effondrement économique, alors sa consommation de pétrole va diminuer fortement.
  • Soulagée, la production mondiale de pétrole redevient suffisante pour répondre a la demande croissante des autres pays, faisant baisser les prix rapidement (et ce malgré un contexte de déclin global de la production mondiale).
  • Progressivement, la consommation va augmenter jusqu’à atteindre une nouvelle fois un pic de production qui entrainera la faillite d’un autre pays… CQFD.

Le cas de la Grèce en 2008 n’est pas forcement un bon exemple car la Grèce a été « sauvée » financièrement par la zone Euro (qui a fait des CRÉDITS…). Il permet néanmoins de se faire une idée des conséquences que peut avoir un effondrement économique sur un pays. On résumera qu’il apporte conflits sociaux et instabilité politique.

Guerres de ressources

Depuis la nuit des temps, les guerres ont marqué l’Histoire de l’homme avec son sang. Malgré énormément d’interprétation diverses et variées sur leurs origines, le fait est qu’elles sont souvent menées pour le contrôle des ressources naturelles (guerres de territoires).

Il ne faut pas voir dans une guerre un besoin (ou instinct) des puissants a se battre par plaisir. Personne ne déclare la guerre sans penser en tirer un avantage. Pourquoi aller se battre à l’autre bout du monde si on a tout a y perdre ?

Depuis la révolution industrielle, et plus particulièrement depuis le premier choc pétrolier de 1971 (voir Histoire de l’énergie sur ce blog), les pays occidentaux ont démontrés qu’ils étaient prêts à faire la guerre pour les ressources naturelles, et en particulier pour le pétrole. Ces guerres ont commencés en 1939 et continuent aujourd’hui :

* Chiffres 2011, pouvaient être différents a l’époque des faits.

Puits de pétrole en feu - Guerre du Koweït

Puits de pétrole en feu – Guerre du Koweït

Il est évident que la guerre de ressources reste une solution temporaire, et qu’elle ne peut se substituer a une meilleure gestion des dépenses énergétiques.

La crise alimentaire

Une crise alimentaire peut être la conséquence de deux cas de figure :

  • Le premier cas, concret, ou les récoltes mondiales sont particulièrement mauvaises (conditions climatiques, maladies, ravage des cultures par des insectes etc..) est une « Pénurie alimentaire ». Elle aura un impact similaire sur l’économie que les autres types de Pénurie (voir crise financière).
  • Le second cas, beaucoup moins concret, est liée a une incapacité de s’approvisionner en nourriture. Cela peut être une incapacité physique (Pénurie de pétrole) ou financière (Faillite).

Dans les deux cas, les conséquences restent identiques : Famines et crises sociales.

6 à 8 calories de pétrole sont nécessaires pour fabriquer 1 calorie dans ces produits...

6 à 8 calories de pétrole sont nécessaires pour fabriquer 1 calorie contenue dans ces produits…

Sachant que l’industrie agroalimentaire actuelle est extremement consommatrice de pétrole (machines, engrais, pesticides, transports, conditionnement, chaine du froid etc…) Il apparait évident qu’une pénurie de pétrole aura inexorablement des conséquences sur les prix des aliments mais aussi sur la capacité de production.

Les conséquences sont donc énormes : Allons nous connaitre des cas de famine en Europe d’ici les 20 prochaines années ?

Articles en lien avec ce sujet :

http://news360x.fr/onu-les-penuries-alimentaires-menacent-dune-guerre-mondiale-civile/